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Wework : Le Titanic de la levée de fonds Ou « comment cramer 40 000 000 000 $ en un mois »

Il y a quelques mois, nous analysions dans notre blog la colossale entrée en bourse d’Uber et ce que nous, leveurs de fonds et Start-Ups, avions appris de cette levée de fonds.

C’est une deuxième IPO qui attire notre attention cette année, celle de la licorne WeWork, spécialiste du coworking. En octobre, après la présentation de son roadshow, l’entreprise essuie une succession de déboires et renonce à son entrée en bourse. Un gigantesque pavé est jeté dans la mare !

Startups et leveurs de fonds, que pouvons-nous retenir de la levée de fonds avortée de Wework ?

Une levée de fonds qui commence pourtant bien

Créée en 2010, l’entreprise de co-working New yorkaise a connu un succès fulgurant. En 2018, elle accumule environ 2 milliards de chiffre d’affaires et emploie 8 000 salariés (sans parler de ses levées de fonds successives). 

Lors de l’annonce de son introduction en bourse début septembre, l’entreprise était valorisée à 47 milliards de dollars et figurait comme la seconde plus grosse licorne américaine (après Uber !).

Comment expliquer ce succès ?

  • Des revenus imposants : Grâce à un portefeuille de clients importants, de Startups à 20 salariés jusqu’à de grosses compagnies telles Microsoft ou IBM. Le chiffres d’affaires de Wework a doublé en 2018 ;
  • Des pertes soi-disant maîtrisées : Malgré des pertes s’élevant à 1,9 milliards de dollars (contre 1,8 de CA), l’entreprise investit principalement pour accompagner son développement ;
  • Une disruption affichée : sus à l’ancien monde, WeWork prétend révolutionner le monde du bureau
  • Un gros potentiel de marché : Déjà installée dans 111 villes, l’entreprise a pour objectif de s’implanter dans plus de 280 villes d’ici les années à venir. Son potentiel de marché s’élève à plus de 255 millions de clients ;
  • Une image de marque : Avec plus de 528 locations et 527 000 utilisateurs, la Start-Up a réussi à se positionner comme la référence du coworking.

N’est pas Uber qui veut

Plus c’est gros plus ça passe ? C’est l’un des éléments que nous pointions du doigt après l’IPO de la société Uber.

Wework prouve le contraire, puisqu’en moins d’un mois, la valorisation de cette dernière est redescendue à moins de 10 milliards de dollars – six fois moins que prévu, tout de même, sa dette est classée au plus bas et son refinancement est devenu à ce point problématique que la faillite a été envisagée. Comment expliquer ce tournant ?

  • Un timing à revoir : Malgré une augmentation du nombre des entrées en bourse ces dernières années, certains parlent de récession à Wall Street. Après la déception d’Uber, les marchés craignent une baisse de la valeur globale des actions, ce qui s’impactera particulièrement sur les titres plus difficiles à comprendre, souvent les plus récents ;
  • Un modèle économique défaillant et ne reposant pas sur des actifs tangibles : Non seulement les pertes s’amplifient avec la croissance, au revers de ce que l’on attend d’une licorne (winner should take it all), mais de plus elle n’est pas propriétaire des immeubles que pourtant elle valorise. Certains craignent également la concurrence, face à une défensibilité faible et des prix de vente aujourd’hui élevés ;
  • Un financement par endettement : Wework est engagée auprès des banques à hauteur de 47 milliards de dollars sur les 15 années à venir, de quoi effrayer les investisseurs… ;
  • Un dirigeant controversé : La réputation de l’entreprise est nettement entachée par une succession de scandales liés à son dirigeant et fondateur. Depuis l’acquisition d’un jet privé et l’abus de biens sociaux jusqu’à l’inaction face à la présence de gaz toxiques dans des locaux…

Un tournant la levée de fonds et les Start-ups ?

Après cette entrée catastrophique dans les marchés publics, un plan de remaniement est rapidement mis en place dans la Start-Up. Il faut sauver le soldat Startup ! Au-delà, c’est un signal pour les startups du monde entier, de NewYork comme de Lyon ou Grenoble. La fête est finie, back to basics :

  • Un modèle économique robuste ;
  • Défensibilité de la proposition de valeur ;
  • Ethique des dirigeants ;
  • Timing de financement qui respecte les investisseurs et leur logique propre.

La taille du marché et la traction sont indispensables, mais le cas WeWork montre que cela ne suffit pas.

A tous les échelons aujourd’hui, de l’amorçage à l’IPO, les investisseurs ont maintenant mangé leur pain blanc. Ils seront d’autant plus sélectifs : entrepreneurs, ne sortez pas sans vous être dûment préparés.

Leveurs de fonds en Rhône-Alpes, les consultants Rainmakers accompagnent les Start-Up avant, pendant et après leurs levées de fonds. Nous intervenons sur Lyon, Grenoble, St Etienne, Valence, Annecy, et Chambéry, depuis la love money jusqu’à la série A en passant par l’amorçage et l’accompagnement des boards.

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