Un hurdle rate, que l’on pourrait traduire par « taux butoir » en français, est le taux de rendement minimum jugé acceptable pour un investisseur. Il est établi par comparaison avec la rentabilité que les investisseurs pourraient obtenir sur des actifs concurrents, notamment les marchés boursiers, corrigée à la hausse par une prime de risque relative liée à la volatilité supérieure du private equity.  

En plus de fixer sous forme contractuelle un objectif de taux de rendement minimal, il fait partie intégrante du mode de rémunération au sein des fonds d’investissement.

En effet, à l’inverse des business angels, qui investissent leur propre argent directement dans les startups, les fonds d’investissement investissent pour le compte d’autrui. Ces investisseurs, aussi appelées limited partners (LP) sont le plus souvent des investisseurs individuels, des family offices ou des structures financières disposant de capitaux importants dont ils réservent une part au capital-risque, traditionnellement plus incertain, mais aux rendements plus attractifs en cas de succès.

Les LP vont donc prendre une participation dans des structures, nommées fonds d’investissement, lesquelles sont pilotées et gérées par une société de gestion elle-même propriété de ceux que l’on nomme les general partners (GP), autrement dit les dirigeants des fonds.

Ces sociétés de gestion ont un modèle économique bien particulier, et gagnent de l’argent principalement de deux manières :

  • D’une part, des « managements fees » ou commissions sur la gestion du fonds permettant de payer ses coûts de fonctionnements, par exemple les bureaux ou les salaires. Chaque année, ces coûts sont généralement établis à 2% du montant total du fonds.
  • D’autre part, la commission de « surperformance », appelée carried interest, qui correspond en général (tout est négociable) à 20% des bénéfices générés par le fonds dépassant le hurdle rate. C’est ce qu’on appelle couramment la règle des 2-20.

Ce mode de rémunération permet d’aligner les intérêts pour chaque partie prenante et ainsi évoluer dans un objectif commun. Quand les opérations sont couronnées de succès, tout le monde gagne ! À noter qu’en cas d’échec, les gestionnaires de fonds ne sont pas sanctionnés négativement : simplement, ils auront plus de difficultés à trouver de nouveaux souscripteurs pour leurs opérations ultérieures.

Il vient également mettre en évidence leur cadre de référence interne, cadre qu’ils ont naturellement tendance à reproduire dans la relation qu’ils entretiennent avec les fondateurs des startups qu’ils accompagnent.

Quelques questions à se poser :

  • Ma startup crée telle suffisamment de valeur pour nourrir ce modèle économique ?
  • La négociation avec les investisseurs rend-elle compte équitablement à mes yeux de la répartition des risques ?
  • En cas de succès, recevrai-je une juste part de la valeur créée ?

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