L’equity-story est l’histoire que l’on raconte aux investisseurs actuels ou futurs, la version  « capital » (equity, en globish) de ce story-telling général qui donne à un projet une existence dans l’imaginaire de ceux qui peuvent lui être utile.

L’entreprise est en effet un objet complexe, au centre de nombreuses parties prenantes : salariés, clients, fournisseurs, partenaires, banquiers etc… Lorsque celle-ci est établie depuis longtemps, son passé parle pour elle et les acteurs disposent le plus souvent d’une représentation ancrée sur des expériences et des faits.

La startup, elle, a encore peu de racines. De quoi dispose une startup en effet, sinon d’un passé inexistant, d’un présent fragile mais d’un futur radieux ? Et qu’est-ce qu’une startup, au fond, sinon le début d’une belle histoire ?! Cette histoire est donc l’un des outils les plus puissants dont dispose l’entrepreneur pour engager, embarquer les ressources humaines et financières dont a besoin le projet.

L’equity story est donc l’âme du pitch investisseur, ce discours sur l’avenir de la startup qui va convaincre les hommes aux portefeuilles pleins que :

  • C’est faisable
  • C’est cohérent
  • Ça va (lui) rapporter beaucoup d’argent.

Certains disent : Crédible, Intelligible, Attractif, ou « CIA »[1]

Au cœur de l’equity-story se niche la mécanique de création de valeurs pour les actionnaires, à savoir l’accroissement de la valeur des actions : au fur et à mesure que la startup croît, qu’elle conquiert des clients et développe sa technologie, elle est censée prendre de la valeur. Pour le dire autrement, les ressources financières qu’elle consomme doivent engendrer un surplus de richesse qui se manifeste dans le prix que sont prêts à payer les nouveaux investisseurs pour en acquérir une partie.

Ainsi, les actionnaires d’une startup s’attendent à ce que chaque augmentation de capital marque un accroissement de la valeur de l’action par rapport au tour précédent. Une bonne equity-story, c’est une equity qui grimpe ! Tout le reste en découle.

La bonne compréhension de ce mécanisme induit un ensemble de pratiques que l’entrepreneur avisé intégrera dans sa stratégie de levée de fonds : établir une table de capitalisation prévisionnelle, éviter de survaloriser un tour et « en garder sous le pied » pour les tours suivants, communiquer régulièrement auprès de ses actionnaires dans le registre adéquat, etc .

Equity-Story … qui a dit que les investisseurs n’avaient pas eux aussi conservé leur âme d’enfant ?!

Quelques questions :

  • Ai-je suffisamment travaillé et testé le story-telling que je tiens aux investisseurs ? Ai obtenu de voir leurs pupilles se dilater lorsque je leur présente mon projet ?
  • Est-ce que je raconte la même histoire aux investisseurs et aux clients ? si oui, disposé-je vraiment d’une equity-story digne de ce nom ? (sans doute pas)
  • La valorisation de mon entreprise est-elle défendable au regard des pratiques du marché ?
  • Ai-je le sentiment d’avoir beaucoup poussé la valorisation de ma startup, et si oui, suis-je prêt à en assumer les conséquences au tour suivant ?
  • Suis-je exposé aux risques d’un ratchet ?

[1] https://www.rainmakers.fi/2020/01/13/le-pitch-cia-ou-la-recette-magique-pour-reussir-sa-presentation-aux-investisseurs/

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