Disclaimer : certains des auteurs de ce dictionnaire sont leveurs de fonds ! Pour autant et bien que la profession ne soit ni codifiée, ni représentée par un Ordre à l’instar des avocats ou des comptables, elle pourrait objectivement être définie ainsi : le consultant qui assiste la startup dans chacune des étapes de sa levée de fonds .

Une mission complète se présentera ainsi :

  1. Orienter dès les premiers contacts quant à l’opportunité (ou pas) de se lancer dans l’aventure de la levée de fonds, car c’en est une ;
  2. Définir en collaboration avec l’équipe dirigeante les axes de communication investisseurs. On parle souvent ici de story-telling, mais il s’agit aussi de revoir en profondeur le projet et le confronter aux attentes des investisseurs. Travailler parallèlement sur la modélisation financière ; Cette phase relève souvent du coaching ;
  3. Elaborer, le plus souvent en mode collaboratif, la documentation de la levée : mémorandum, aussi appelé business plan, pitch, plan financier, executive summary.
  4. Etablir la liste des investisseurs potentiels : il est rarement productif « d’arroser tous azimuts » ;
  5. Animer la campagne de prospection et organiser le  « roadshow »;
  6. Préparer avec les entrepreneurs leurs rendez-vous investisseurs, les y accompagner et en assurer la bonne suite.
  7. Piloter le processus, notamment quand celui-ci devient complexe, avec des offres en construction, complémentaires, concurrentes. Il s’agit de structurer l’opération en respectant les différentes parties en présence ;
  8. Optimiser les négociations, notamment parce que le leveur est un insider des bonnes pratiques, ce qu’est rarement le fondateur ;
  9. Soutenir l’équipe fondatrice sur la dernière ligne droite, souvent la plus pénible avec ses audits, ses deus ex machina, ses pressions de toutes sortes ;
  10. Et enfin, last but not least, assurer le coup -dans tous les sens du terme- le jour du closing.

Parfois, la mission est seulement partielle, notamment dans le cadre de petites transactions (love money, BA, crowdfunding).

Même si les dirigeants ont déjà plusieurs levées de fonds à leur actif et sont rodés aux mécanismes de la levée, la présence d’un leveur de fonds envoie généralement un signal positif aux investisseurs, indiquant à la fois que leur instruction sera facilitée et que le processus sera cadré. En outre, ils prennent à leur charge une partie des taches qui sinon incombent aux dirigeants au détriment de la marche de l’entreprise. Une levée de fonds est extrêmement chronophage et déporte les équipes du business. Les leveurs de fonds permettent donc aux dirigeants de rester focalisés sur l’activité et d’éviter un ralentissement post levée.  Mais les leveurs de fonds ne font pas tout, et les CEO consacreront de 20 à 80% de leur temps à une levée selon le stade de celle-ci…

Le coût, dépendant du montant de l’opération, comprend le plus souvent un « retainer », autrement dit une rémunération fixe en contrepartie des premières étapes de la mission, et une rémunération au succès, comprise le plus souvent entre 5 et 10% des montants levés.

Qu’est-ce qu’un bon leveur ? … Facile, c’est comme « un bon chasseur » (les amoureux de la gallinette cendrée, apprécieront). Sinon, voir les questions ci-dessous !

Questions :

  • Suis-je capable de tout réaliser seul(e), et ce de façon professionnelle ?
  • J’ai identifié un partenaire potentiel :
    • quel est sa réputation, son track-record ?
    • quel est le fit interpersonnel (nous serons amenés à travailler ensemble et affronter peut-être des situations délicates)
    • Quelle est sa bande passante pour qui garantisse qu’il suivra mon dossier avec réactivité ?
  • Mes enjeux de développement technologique et commerciaux me permettent-ils de ne pas déléguer par ailleurs ?

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