Le « VC » pour « venture capitalist », en français : « investisseur en capital-risque », forme avec l’entrepreneur le couple central de la levée de fonds.

Le métier est né dans les années 50 aux Etats-Unis, et l’on notera avec fierté que c’est un français qui l’a inventé, Georges Doriot, co-fondateur du premier fonds de capital-risque, AR&D.

Remarquons d’emblée que les anglo-saxons insistent sur l’aspect positif et romanesque du métier (venture = aventure) là où les latins mettent l’accent sur le danger (le risque). Au demeurant, le/la VC se situe précisément à la frontière de ces deux approches : il/elle est celui/celle :

  • que de grandes fortunes ou des investisseurs institutionnels ont mandaté(e)s ;
  • pour investir en leur nom ;
  • à travers un fonds d’investissement (qui est une structure juridique ad hoc, à ne pas confondre avec la société de gestion, qui est l’employeur des VC et dont le rôle est de gérer les fonds) ;
  • dans des startups hautement risquées (toutes les startups le sont);
  • mais hautement rémunératrices en cas de succès au bout de l’aventure.

Un bon VC combine donc au plus haut niveau des compétences entrepreneuriales, financières et juridiques. Il est souvent spécialisé sur un secteur d’activité dont il suit les évolutions, les tendances et où il dispose de réseaux qui lui permettront de mener le cas échéant son instruction de dossier à la fois sur la base des informations qui lui sont communiquées, mais aussi à travers des références externes. Et naturellement il cultive ses « soft skills », en bon Jedi de l’investigation, de la prise de décision et de l’accompagnement.

Le titre est générique, mais les fonds d’investissement sont hiérarchisés, bien sûr plus ou moins selon leur taille. Un VC, ce peut être :

  • Le managing-director, ou managing-partner au sommet de la pyramide ;
  • L’un des partners, ou vice presidents, ou directors, qui le plus souvent sont directement co-responsables des fonds qu’ils gèrent et y ont eux-mêmes investi une part de leur épargne. Ils assurent entre autres la relation avec les financeurs du fonds ;
  • L’un des directeurs de participation, ou directeur d’investissement, ou principals, qui suivent et portent en direct les participations ;
  • L’un des chargés d’affaire, ou associates, qui pilotent les dossiers et préparent les décisions ;
  • L’un des analystes, qui assurent la recherche d’informations, et souvent font la prospection et le premier tri pour assurer un deal flow diversifié et qualifié.

Les VC prennent rarement leurs décisions seuls, quel que soit leur rang hiérarchique, à un tel point que, chez certains, les engagements doivent être adoptés à l’unanimité des comités décisionnels. Et donc convaincre un VC consiste moins en l’obtention d’un oui franc et définitif que dans la conversion de celui-ci en ardent ambassadeur auprès de ses pairs.

En général, les VCs basent leur décision sur une approche rationnelle et équilibrée entre de multiples paramètres, au-delà de la qualité du projet proprement dite :

  • Leur thèse d’investissement ;
  • L’équilibre de leurs portefeuilles ;
  • La maturité des fonds avec lesquels ils investissent ;
  • Leurs expériences passées.

Ils rendent des comptes à ceux qui les financent, leurs souscripteurs (nommés les “Limited Partners”, ou LP’s), et il faut rappeler qu’ils devront rendre l’argent rapidement, dans les 5 à 7 ans, de préférence avec une plus-value élevée. Les questions de sortie et de liquidité sont donc essentielles à leurs yeux, et l’entrepreneur n’échappera pas aux clauses du pacte d’actionnaire qui y sont reliées.

Le métier de VC a la réputation d’être bien rémunéré. Et c’est le cas s’il y a réussite, tant une partie significative de leur rémunération est liée au « carried interest », ou intéressement à la réussite de leurs fonds. C’est également un petit milieu, assez fermé et dans lequel les acteurs se connaissent bien et sont souvent amenés à coopérer entre eux lorsqu’ils co-investissent lors des tours de Séries A, B, C et D.  De la sorte, celui qui ne joue pas le jeu ou qui a perdu « le flair » est rapidement identifié et de fait mis de côté. C’est également un métier aux multiples contraintes, non seulement de charge de travail, mais également de pressions de tous ordres et d’ascenseurs émotionnels fréquents.

Aussi, startupper, lorsque tu rencontres un VC, souviens-toi que le pouvoir qu’il a sur ton projet trouve son équilibre dans les obligations de toutes sortes qui pèsent sur ses épaules. L’herbe d’à côté n’est plus verte que dans l’imaginaire du voisin !

Quelques questions pour aller plus loin :

  • Quelle est la structure de décision du fonds ?
  • Quelle est la position hiérarchique de mon prochain rendez-vous auprès d’un fonds ? Peut-il à lui /elle seul(e) convaincre les partners d’investir ?
  • Quel est son background personnel ? Quel est son degré de connaissance du marché sur lequel évolue ma startup ?
  • Quels sont les autres dossiers qu’il/elle étudie en ce moment ?
  • Quelles sont les startups déjà dans son portefeuille d’investissement ? Certaines sont-elles des concurrentes ou sur le même marché ?
  • Dans quel cycle se situe le fonds qui va investir ? Est-il en début ou en fin de vie ? Va-t-il avoir besoin de sortir rapidement ou non ?
  • Les montants levés correspondent-ils aux montants investis par le fonds ?

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