L’amorçage – seed en anglais- est la phase du développement de la start-up durant laquelle celle-ci introduit une première version de son produit sur le marché, recueille tout à la fois les premières preuves externes de pertinence de sa vision – notamment à travers un début de traction commerciale-, mais aussi les résistances et objections qui nourriront de proche en proche les nouvelles versions, voire les pivots à venir. 

Cette phase suit la période de création/idéation proprement dite, et précède le « scaling », ou « scale up ».

L’amorçage est donc le tour de financement qui se situe entre le love money, ou FFFF (founders, friends, family and fools) et la série A.

Il s’agit certainement de la séquence la plus difficile à financer :

  • D’une part elle requiert beaucoup plus de moyens que l’idéation, on parle ici de plusieurs centaines de K€ ;
  • Mais d’autre part la société ne dispose encore que de preuves et d’arguments partiels (puis qu’il s’agit justement d’aller les chercher) et peine donc à rassurer les investisseurs ;
  • Et le taux d’échec est plus élevé qu’aux étapes suivantes, ce qui se comprend car les obstacles y sont plus nombreux.

Aussi les VC qui s’y consacrent sont-ils rares, à moins d’être soutenus par les autorités publiques comme par exemple à travers le FNA ( Fonds National d’Amorçage[1]).

En même temps, l’amorçage correspond certainement à l’une des phases les plus passionnantes de la vie d’une startup, l’endroit de tous les ascenseurs émotionnels, de toutes les expériences, de tous les pivots. Une véritable adolescence de la jeune pousse ! Sans compter la perspective de fantastiques plus-values …en cas de réussite. C’est donc plus particulièrement le domaine des BA et du crowdfunding.

Les effets de leviers seront indispensables à ce stade et fort heureusement il existe des solutions non dilutives, auprès des Banques et de Bpifrance notamment, pour compléter des levées d’amorçage trop souvent, et malheureusement, en deçà de ce dont rêvent les entrepreneurs.

Questions à se poser :

  • Suis-je prêt à solliciter tous mes réseaux pour financer l’amorçage de ma startup ?
  • Les sommes levées me permettent-elles de tenir jusqu’à la série A, pivots éventuels compris ?
  • Comment démontrer le bien-fondé de mon projet aux investisseurs d’amorçage ?
  • Quels jalons le tour d’amorçage me permettra-t-il d’atteindre ?
  • Ai-je prévu assez de temps pour la réalisation de ma levée (compter 6 – rarement- à 12 mois)
  • Quelle valorisation de ma société puis-je défendre à ce stade ?
  • Quels acquis/actifs ai-je créés à ce stade qui nourriront la propriété intellectuelle et/ou la valorisation de l’entreprise ?

[1]https://www.bpifrance.fr/Qui-sommes-nous/Nos-metiers/Fonds-propres/Les-fonds-de-fonds/Fonds-national-d-amorcage-FNA

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