Les séries « Seed », A, B et C représentent les différents « tours de financement » et correspondent aux phases de développement de la startup.

Pour la petite histoire, les lettres A, B, C, etc … proviennent de la nécessité pour les avocats de différencier les titres émis à chaque tour, du fait de leurs caractéristiques différentes. Mais à chacune de ces séries correspond un stade de maturité spécifique de la startup.

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Il n’existe pas de règles systématiques et exhaustives pour pouvoir caractériser chacune de ces étapes, nous avons retenu ici les caractéristiques les plus habituelles.

Le 1er tour de table correspond à la série « Seed » aussi appelée « phase d’amorçage ». Elle vient souvent après un premier financement en subventions et / ou Love Money (qui pourrait être qualifiée de pre-seed) lequel a permis de valider le couple besoin / solution. La phase d’amorçage a pour objectif de valider le PMF (« Product Market Fit ») et ainsi de venir confirmer que le produit permet bien de satisfaire les besoins du marché ciblé. A ce stade, la startup souhaite surtout toucher les « innovateurs » (représentés sur le Gouffre de Moore dans le schéma ci-dessous). Les fonds levés au cours de cette phase sont souvent amenés par des BA (« Business Angels ») et compris entre 250 000 et 700 000€.

Le second tour de table est appelé « Série A » : A…comme Assoir ! L’objectif de la startup, à ce stade, est d’aller trouver ses « Early Adopters » afin de confirmer que la stratégie commerciale définie permet bien d’acquérir de nouveaux clients. La startup doit passer le gouffre de Moore et s’installer au niveau national si elle souhaite poursuivre sa croissance et atteindre la série B. Les financeurs en série A sont la plupart du temps des VC’s qui investissent entre 800 000€ et 5 millions d’euros.

Lorsque la startup a fait ses preuves et réussi avec succès sa série A, elle entre dans la phase de « Growth » : elle a maintenant besoin de fonds pour accélérer sa croissance, passer à l’échelle et trouver sa « majorité précoce ». C’est ce qu’on appelle la série B (B comme « Bâtir »). La startup a validé sa stratégie commerciale, elle sait comment atteindre ses clients et commence à se développer sur de nouveaux marchés, notamment à l’international. Lors de ce tour de table, elle fait appel à des VC’s et des Private Equity pour des montants compris en moyenne entre 5 et 30millions d’euros.

Enfin, nous retrouvons la série C (comme « Confirmer ») : c’est la continuité du Growth. Toutes les startups n’atteignent pas ce stade car il n’est pas rare qu’elles se fassent racheter avant …car rappelons-le : c’est l’un des objectifs des investisseurs en série A et B que de sortir rapidement et avec plus-value. A ce stade, la startup commence donc à atteindre sa « majorité tardive » : elle accentue sa croissance à l’international et se consolide. Elle adopte souvent une stratégie plus agressive face à ses concurrents afin de développer sa croissance externe. Elle représente un risque moins élevé pour les investisseurs puisqu’elle a déjà fait ses preuves. On trouve alors des financeurs de type banques d’investissement ou fonds de capital développement pour des montants qui représentent des dizaines voire des centaines de millions d’euros.

Cet ordre chronologique et idéal n’est pas toujours respecté, il arrive parfois que des sociétés réalisent une Série A (qualifiée comme telle au regard de son objectif et de sa taille) sans faire de levée d’amorçage, ou bien que l’internationalisation de la société n’arrive qu’à la Série C, ou encore que des levées de Capital Développement soient conclues sur des sociétés n’étant pas passé pas des levées de fonds pour financer sa création et sa croissance. N’oublions pas non plus que des tours de type “bridge” peuvent venir s’intercaler entre ces Séries.

Les questions à se poser :

  • Mes 4 roadmaps (financière, business & marketing, techno, recrutements) sont-elles alignées ?
  • Ai-je bien organisé ma roadmap financière en identifiant les différentes étapes de développement de ma startup et les besoins en financement qui y sont associés ?
  • Ai-je identifié les acteurs du financement qui correspondent à chaque étape d’avancement ?
  •  Ai-je anticipé le temps à consacrer à chaque étape de financement pour moi CEO, compte-tenu de mes autres activités pour faire se développer l’entreprise ? 

[1] NB : La courbe représente la croissance de l’entreprise et non pas son chiffre d’affaires

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