Rien à voir avec le tri sélectif, quoique : le TRI est l’acronyme de Taux de Rentabilité Interne. Il s’exprime en % annuel et indique la rentabilité financière d’un projet en tenant compte de l’ensemble de ses flux financiers, tant négatifs (investissements, dépenses) que positifs (revenus, cessions). Pour le calcul, rien de plus simple : Excel le fait tout seul (Sinon, on peut prendre un manuel de finance)

Son intérêt est de permettre la comparaison entre deux investissements. Prenons par exemple deux projets qui s’offriraient à un investisseur :

  • L’un dans lequel il investit 1M€, avec des revenus annuels de 150K€ pendant 10 ans,
  • L’autre dans lequel il investit la même somme, 1M€, mais pour lequel il percevra pour seul revenu 1.4M€ la troisième année.

…Lequel choisir ? Si l’on considère que le temps n’a aucune incidence, bien évidemment le premier, qui rapporte 100K€ de plus ! Mais il convient de prendre en considération l’espace-temps, un Euro reçu aujourd’hui valant plus que la même somme promise pour demain car il est certain et pourra être réinvesti.

La fonction TRI de notre tableur nous permet de comparer cette alternative …

…et d’en déduire que le premier projet équivaut à un placement à 8%, tandis que l’autre est plus rentable, à 12%. Cette différence, ici 4 points, ne peut se justifier qu’au regard du risque supposé d’un projet par rapport à l’autre : plus c’est risqué, plus le TRI doit être important.

Cette notion concrétise l’adage bien connu selon lequel « le temps, c’est de l’argent », et est essentiel à plusieurs titres pour les investisseurs en capital innovation :

  1. A risque plus élevé – et on sait combien les startups sont risquées-, nécessité d’un TRI plus élevé aussi, sinon les souscripteurs des fonds préféreront investir sur d’autres compartiments (l’immobilier, la Bourse etc.). Ils visent donc en moyenne 35%/an, ce qui représente, sur une période de 5 ans, 1.355= un multiple de 4.5 environ … !
  2. Pourquoi payer pour l’évangélisation ? Cette phase, pourtant bien souvent indispensable pour les projets, vient détruire du TRI et donc ne séduit pas les financiers ;
  3. L’importance de la sortie : Dans la mesure où la startup produit rarement de revenu pour les investisseurs (dividendes) les premières années, c’est la revente de l’entreprise qui produit le flux positif venant compenser l’investissement. Nous reprenons l’exemple ci-dessus, en remplaçant le projet 2 par un troisième projet dont le revenu intervient en septième année : Il faut un revenu nettement plus important, juste pour atteindre le même TRI qu’avec des revenus réguliers dès la première année. Alors pour une startup (cf. dernière ligne du tableau ci-dessous)…

Un détail : on veillera à ne pas confondre le TRI intrinsèque au projet (sur la base du cashflow de l’entreprise) avec celui de son investisseur (investissement en année 0, le cas échéant tours complémentaires, puis, et c’est là l’essentiel, revente en année 5, 6 ou 7, en principe sur la base du potentiel futur, donc à un prix beaucoup plus important).

Comprendre la mécanique du TRI est certainement la première étape pour entrer dans le cerveau d’un investisseur !

Questions à se poser :

  • Combien mon entreprise pourra t elle se revendre dans 5 ans ?
  • Mon investisseur a-t-il une chance de multiplier sa mise par 4 ou 5 dans les 5 ans à venir ?
  • Si non, pourquoi prendrait-il le risque d’investir dans mon projet ?
  • Quel est le TRI cible du fonds que je sollicite ? ( nb : c’est souvent un secret bien gardé)

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