Était-ce un bestiaire, était-ce un zoo, ou bien une ferme orwelienne ? Il était une fois une licorne, un cafard, un chameau et un zèbre qui se promenaient sur startup road …

En tant que leveur de fonds qui accompagne quotidiennement des startups, Rainmakers va aujourd’hui vous présenter quels types de startups se cachent derrière ces curieux personnages. 

La licorne est sans aucun doute l’animal le plus connu dans le monde des startups. Tous les leveurs de fonds et investisseurs rêvent d’en accompagner une. Apparu en 2013, c’est Aileen Lee qui utilise pour la première fois ce terme afin de désigner ces 0,1 % de startups qui réussissent à atteindre une valorisation supérieure à un milliard de dollars. Mais si, tel l’animal fantastique, la croissance et les levées de fonds de ces licornes font rêver, il est important de préciser que la plupart d’entre elles ont beaucoup de difficulté à trouver l’équilibre et ont besoin de faire appel à des investissements extérieurs importants et réguliers. Uber, par exemple, n’est toujours pas rentable malgré ses nombreuses levées de fonds, sa notoriété et son chiffre d’affaires impressionnant.

En opposition à la licorne, nous trouvons dans ce gigantesque zoo un animal appelé « le cafard »[1]. Cet insecte peu attrayant est cependant incroyablement résistant et peut survivre plusieurs semaines sans manger et s’adapte à tout type d’environnement. De la même manière, les startups « cafards » ont plus de difficulté à séduire les fonds d’investissements et nous pourrions être tenté, en tant que leveur de fonds, de vite passer notre route : mais nous aurions bien tort ! Ces startups ont une croissance beaucoup plus lente que celles des licornes, certes, mais, en parallèle, elles s’avèrent être plus rentables et plus pérennes. Une fois une levée de fonds réalisée, les cafards vont se concentrer principalement sur leur équilibre financier là où les licornes visent une croissance rapide financée par de multiples levées de fonds. Elles représentent un placement moins risqué pour les investisseurs et un challenge intéressant pour les leveurs de fonds.

Attention cependant à ne pas confondre « cafard » et « chameaux » ! Si ce dernier peut vivre longtemps sans eau et tenir la traversée de désert, c’est grâce à l’énorme quantité de liquide qu’il va absorber lorsqu’il rencontre un point d’eau. Les startups « chameau » font donc des levées de fonds élevées mais contrairement aux licornes, elles équilibrent croissance et trésorerie en attendant la prochaine source de liquidité (leur prochaine levée de fonds vertigineuse).

Ces startups ressemblent beaucoup à leur cousin (cousin très très éloigné je vous l’accorde) : le zèbre. Nouvel arrivant dans le zoo des startups, cet animal est le miroir d’un réel questionnement qui animent les entrepreneurs tout comme les investisseurs : les licornes c’est bien, mais une startup rentable c’est pas mal aussi … Tout comme le noir et le blanc : le zèbre sait allier croissance, impact et rentabilité. Décrit comme un animal plus réaliste que la licorne : il représente les startups qui réussissent de belles croissances et de belles valorisations sans pour autant négliger leur rentabilité. Notre question en tant que leveur de fonds : les investisseurs sont-ils prêts à créer de nouveaux modèles, à laisser le temps à la startup de développer sa croissance organique, à récompenser celles qui seront rentables et à ralentir la chasse à la licorne ?[2] L’avenir nous le dira surement.

A l’inverse des zèbres, nous pouvons retrouver les poissons-clowns. Tout comme ces drôles de bêtes, ces startups ont besoin des autres pour vivre, (dans ce cas précis de l’anémone de mer) : c’est ce qu’on appelle une « symbiose de mutualisme » : les deux espèces ont besoin de l’autres. En règle générale, les startups bio-tech correspondent bien à cette description : elles ne font pas de chiffre d’affaires avant une dizaine d’années (notamment à cause des temps très long de R&D et d’autorisations de mise sur le marché) et ne sont donc par conséquent pas rentables. Ces dernières survivent uniquement grâce à leurs levées de fonds. Il faut noter que pour les poissons-clown, le leveur de fonds à ici encore un vrai rôle à jouer : les investisseurs de la « Bio-tech » observant des critères différents au vu des particularités de ce secteur : cela demande une préparation et un discours adaptés qu’il faut impérativement maîtriser.

Enfin, un animal que nous aimons croiser dans ce zoo la chenille. Notre rôle de leveur de fonds est de l’accompagner pour qu’elle se transformer ensuite en papillon. Ces jeunes startups sont encore à leurs débuts mais ont un fort potentiel caché qui ne demande qu’à éclore. Pour favoriser cette transformation, elles ont besoin de préciser leur roadmap, d’éclaircir leur plan de développement et leur stratégie d’accès marché. Mais une fois ce travail de longue haleine effectué, il est merveilleux de voir ces startups devenir de vrais papillons et réussir à convaincre les investisseurs de les suivre. 

Bien sûr nous pourrions écrire des pages et des pages sur toutes ces startups que nous sommes amenés à rencontrer et accompagner en tant que leveur de fonds. Nous pourrions passer des heures à énumérer tous les animaux présents dans ce zoo et sans doute, en lisant cet article, vous pourriez trouver un nouvel animal qui vous définit plus justement.

La morale de cette histoire…, c’est certainement que chacun a sa place et que les startups qui réussissent ne se limitent pas aux licornes !  

Notre travail, notre fierté de leveur de fonds est d’accompagner ces startups à devenir des papillons, des zèbres, des chameaux ou encore des cafards, selon la vision de leur dirigeant.

En tant que leveur de fonds, notre travail est surtout de les accompagner afin qu’elles identifient leurs forces et qu’elles puissent proposer une offre et une ambition cohérentes à leurs futurs investisseurs.

Et vous, dîtes nous, quel animal êtes-vous ?


[1] L’expression « cafard » a été utilisée pour la première fois dans un post de Catarina Fake : co-fondatrice de Flickr ou encore Hunch, cette entrepreneure est notamment reconnue dans la Silicon Valley pour son travail en tant que Business Angel.

[2] Voir les propos de Bryce Roberts dans l’article des Echos : « Ces zèbres qui veulent rivaliser avec les licornes » (A.Moutot, 2017)

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