Des startups HealthTech, OK. Mais qu’est-ce que c’est « en vrai » ?

BPIFrance, dans son Hub©, donne de précieuses informations.

Mais, pour mieux comprendre le parcours du secteur des HealthTech, jetons rapidement un œil en arrière.

Avant d’être des HealthTech, les startups « du médical » étaient essentiellement centrées sur les implants, les instruments chirurgicaux, les orthèses et les équipements hospitaliers (prothèses de hanche, valves cardiaques, prothèses artérielles, genouillères, coudière, minerve, prothèses de membres, corsets, tables d’opération, lits médicalisés, scanners, échographes,…). Les équipes comprenaient très souvent des praticiens hospitaliers, secondés par des ingénieurs spécialisés en biomatériaux. Lors des levées de fonds, on avait des proto physiques à montrer aux investisseurs.

Ces startups existent toujours. Leurs produits étant très souvent fabriqués en utilisant les technologies industrielles les plus poussées (électro-polishing, fabrication additive), ou des savoirs-faires à la limite de l’artisanat et de l’industrie (estampage, tissage/tricotage, traitements chimiques spécifiques) elles dépendent beaucoup des bassins d’emploi où elles se développent ; ceci car elles ont besoin d’avoir facilement accès à ces technologies et savoirs-faires. Et même quand elles développent un produit au contenu digital très poussé, la technologie sous-jacente est très souvent issue des travaux d’un laboratoire implanté dans son écosystème spécifique.

Plus qu’aucune autre, la startup HealthTech est une TPE enracinée quelque part, dans un terreau spécifique où elle trouve ses nutriments spécifiques, ce qui la rend très peu délocalisable… du moins jusqu’au marquage CE.

L’écosystème français des startups de la MedTech – Bpifrance Le Hub

Dans le cycle de développement des HealthTech, plusieurs facteurs interviennent, notamment la technologie dont elles sont issues. On a vu qu’avant que le digital ne vienne donner un nouveau souffle à ce secteur d’activité, les implants, les orthèses et les équipements hospitaliers régnaient sans partage. A l’instar d’autres secteurs, ces dispositifs médicaux « physiques » constituent maintenant la partie « brick and mortar » du secteur de la HealthTech. Ils occupent toujours une place centrale dans les stratégies thérapeutiques (on ne peut guère remplacer une valve cardiaque défaillante par un algorithme), mais ont été rejoint par de très nombreuses nouvelles technologies, majoritairement issues du secteur digital au sens extensif.

La cartographie dressée par BPIfrance est explicite à ce sujet : le secteur des HealthTech regroupe 4 grandes catégories (aide au diagnostic, traitement d’une maladie, suivi du traitement, handicap). Dans chacune de ces catégories, le digital est entré en force, soit par la connection des dispositifs (sonde de rééducation périnéale contrôlée via une appli sur smartphone), soit par l’emploi de logiciels (reconstruction en 3D de l’organisme des patients à partir des données de scanner/IRM).

Les praticiens hospitaliers sont toujours présents dans les équipes, mais ils sont maintenant de plus en plus souvent secondés par des « geeks » spécialisés dans la collecte et le traitement des données. Le look « décontracté/chic » a remplacé la rigueur clinique de la blouse blanche 😉 ! Et, lors des pitchs des levées de fonds, on montre beaucoup plus de vidéo que de proto « physiques ».

Ce schéma montre bien l’une des caractéristiques essentielles des startups HealthTech : leur très forte composante technologique, à laquelle il faut ajouter une composante, invisible au premier abord : la main d’œuvre, qui apporte aussi bien le « jus de cerveau » que l’habileté manuelle. L’une des principales différences entre le monde de la pharma et les HealthTech réside dans le fait que, dans la pharma, les processus sont maintenant très standardisés, depuis l’isolation des molécules potentiellement intéressantes (screening) jusqu’aux études cliniques de phase I, II, III (AMM), puis IV (surveillance post-market). Les processus de fabrication des labo pharma sont également très standardisés, et assez fortement automatisés, c’est un secteur « capital intensive ». A l’inverse, les Healthtech sont encore, pour beaucoup d’entre-elles « labor intensive ». La maîtrise ou l’accès aux savoirs-faires techniques et industriels ad’hoc sont des facteurs-clé de succès. Les séries de fabrication sont petites à moyennes, les tâches exigent fréquemment la maîtrise de certains « tours de main » se prêtant peu à l’automatisation… sauf pour les aspects digitaux bien sûr 😉 !

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