Dans le jargon lié aux startups, on retrouve le terme de bridge. Le bridge est un financement court terme sollicité par la startup en attente d’un financement permanent. Comme un pont entre le dernier tour et le prochain ! Autrement dit, la startup demande une rallonge financière aux investisseurs (historiques et/ou nouveaux entrants).  

Cela permet à la startup de pouvoir pallier des difficultés financières par exemple. Le bridge aide souvent la startup à surmonter un mauvais moment dans sa vie comme un retard de développement, des surcoûts imprévus, une levée de fonds ralentie… 

Bien que ce ne soit pas la solution idéale, un bridge peut s’avérer nécessaire pour maintenir l’entreprise en vie. 

Un bridge couvre en général les besoins de trésorerie pour 6 à 18 mois, le temps que la situation s’améliore. Mais cette amélioration reste tout de même incertaine. Il est recommandé d’être en mesure d’argumenter auprès des investisseurs sur des perspectives d’amélioration car un bridge sollicité sur le seul espoir des fondateurs “que ça va aller mieux d’ici 6 mois” a peu de chance d’aboutir. Autant dire que c’est une situation délicate pour la startup qui sollicite un bridge car elle n’est pas en meilleure position pour négocier. 

Nous l’avons dit au début, le bridge est accordé par les investisseurs. Ces derniers peuvent alors voir le bridge de deux façons :  

  • Comme une opportunité de renforcer leur présence au capital (sous conditions en leur faveur), 
  • Comme une position inconfortable car il y a un risque de perdre leur investissement en totalité.

De plus, lorsque les actionnaires historiques réinvestissent, ils témoignent d’une confiance contagieuse, ce qui peut faire effet de levier auprès des banques ou d’éventuels nouveaux entrants. Cependant, comme le risque est plus grand, il y a de fortes chances pour que les conditions de l’investissement soient aussi plus en faveur des investisseurs.  

Le principe d’un bridge une fois acquis, on s’interrogera sur la valorisation du tour. 

  • Si tous les investisseurs historiques contribuent plus ou moins dans les proportions du capital existant, la valorisation n’a pas grande importance, à ceci près qu’elle servira de marqueur pour la suite.  
  • Lorsqu’une partie seulement des historiques participent au bridge, l’idéal est de séduire un nouvel entrant qui permettra de donner une valeur extérieure à la société. Autrement, le risque est grand de voir les participants tenter de profiter de la situation/ améliorer légitimement leur coût moyen d’entrée (…question de point de vue), donc de demander et obtenir une forte décote sur le bridge par rapport aux tours précédents, ce au détriment notamment des fondateurs qui se trouvent ainsi fortement dilués, voire démotivés, et au risque là aussi de saboter le financement futur. 
  • Une solution élégante consiste à faire appel à des BSA AIR ou bien à des obligations convertibles en actions, dont la vertu est de ne pas fixer la valeur au moment du bridge, mais de reporter la discussion à la prochaine levée de fonds effective. 
  • Enfin, il existe aussi des « bridge loans », prêts spécifiques, de courte durée, accordés par des fonds spécialisés sur la base d’événements déclencheurs reconnus (par exemple l’existence du LOI). Qui dit prêt dit : pas d’impact sur la valorisation des actions. 

Il est bon de rappeler que, pour l’entrepreneur, il devient alors nécessaire d’analyser les faits, communiquer sur la réalité, et …déculpabiliser. Nous ne connaissons pas de startupper qui aurait tout prévu et les bridges sont monnaie courante dans l’univers des levées de fonds innovation.  

Quelques questions pour aller plus loin sur le bridge : 

  • Puis je me passer d’un bridge, par exemple en modifiant mes roadmaps ou en ayant recours au crédit bancaire ? 
  • Ai-je en amont suffisamment travaillé la confiance de mes actionnaires, de sorte que leur capacité à accepter les mauvaises nouvelles est élevée ? 
  • Est-ce que le montant de mon bridge est suffisant pour pouvoir viser une amélioration de la situation d’ici quelques mois (il y aura rarement une troisième chance) ? 
  • Comment transformer l’annonce d’un besoin de bridge en nouvelle positive et/ou en opportunité pour les actionnaires en place ? 
  • Puis je trouver de nouveaux actionnaires, même modestes, pour motiver les historiques et fixer une valeur au tour ? 
  • Quel montage juridique et financier imaginer pour éviter que le bridge ne se révèle punitif pour les fondateurs ? 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

La boîte à outils de la levée de fonds

Rainmakers présente un livre indispensable pour tout comprendre et/ou réussir une levée de fonds pour votre startup.

Articles récents

Et vous ?

Êtes-vous prêt à lever des fonds ?