Aujourd’hui, on retrouve le mot disruption de partout. Ce terme, à la mode, est utilisé très régulièrement.  Alors la disruption, kézaquo ? Et quel effet en matière de levée de fonds ? 

Disruption : définition de la langue française

En prenant la définition de la langue française, cela correspond à une rupture, une fracture. 

Pour le père fondateur de la disruption, Clayton Christensen, cela correspond au fait de donner un accès massif et simple à des produits / services auparavant coûteux. Cela revient à opérer un changement de concept pour les clients sur le marché, en l’ouvrant au plus grand nombre, tout en préservant les avantages qui ont permis le succès à la base. 

Voici un exemple pour mieux appréhender la disruption : prenons l’auto-test de glycémie. La disruption n’aurait pas été de faire un nouveau produit plus efficace pour lutter contre la glycémie. Elle a plutôt résidé dans le fait de permettre au patient de faire le test seul, ce qui n’était pas le cas auparavant, toute nouveauté n’est donc pas forcément disruptive. Et dès lors d’accroitre considérablement le marché. 

En fait, souvent utilisé à tort et à travers, ce concept reste encore souvent incompris et ses basiques, mal appliqués. Selon Christensen, la disruption a deux origines :  

  • Rendre accessible à tous les produits / services qui ne l’étaient pas auparavant : 
    C’est le cas de Uber, qui, lorsqu’il apparait en France, vient bouleverser le marché du transport individuel en rendant celui-ci accessible à tous, car moins cher et plus pratique que les taxis. 
  • Créer un marché pour transformer les non-consommateurs en consommateurs :
    C’est le cas de Netflix : avec le streaming vidéo sur Internet, la diversité que cela offre et la sélection de contenu à la demande, l’entreprise propose ses services à bas prix, et haute qualité. Ce changement a permis de transformer les non-consommateurs de streaming en consommateurs grâce à la création de ce marché. 

La disruption est un mélange de convention (idées reçues) et de vision (idéologie dans la projection future) pour créer de la nouveauté de manière inédite. Celle-ci permet d’innover par le fait d’améliorer l’utilisabilité, le confort ou encore par la réduction des prix, tout en conservant la qualité. La concurrence et le marché sont déstabilisés suite à cette innovation. Ce n’est donc pas tant un modèle économique, mais un ensemble de stratégies pour s’imposer au plus vite dans la concurrence, par exemple en proposant des services comparables mais beaucoup moins chers que ceux existants. 

L’innovation disruptive a été pendant longtemps associée aux nouvelles technologies mais le modèle économique d’une startup peut être tout à fait disruptif ! C’est le cas de Blablacar. Au niveau technologique, il n’y a aucune disruption, la startup se sert d’un site web somme toute « simple »., bien qu’évolué. Cependant, si on se penche sur le modèle économique, cela entraine une transformation du marché. Le covoiturage est désormais rentable pour le conducteur ainsi que les voyageurs. Il est devenu une véritable alternative aux autres modes de transport comme le bus, la voiture ou le train. 

Alors comment être disruptif ?  

Analyser les freins du marché, de son modèle économique ou de modèles économiques déjà existants, analyser la vision d’une startup ou d’un marché afin de se créer ses propres opportunités et sortir des sentiers battus. 

Pour déclencher la créativité et déboucher sur des innovations, la technique du « what if » peut être utilisée : cette méthode consiste à se poser une multitude de questions commençant par « et si ». C’est une technique qui peut justement pousser l’entrepreneur à penser différemment. En somme, cela revient à réfléchir sur la meilleure façon de modifier les règles de fonctionnement du marché  à son avantage. 

Quelle place pour la disruption dans la levée de fonds ?  

Les investisseurs sont moins frileux que les banques, ils ne craignent pas de s’engager et d’investir dans des projets transformant le marché. Au contraire, sur le papier, les VCs adorent cela, d’autant plus qu’un projet disruptif qui réussit génère une croissance phénoménale et l’opportunité de passer licorne, un vrai graal dans le métier ! 

En même temps, la disruption est un saut quantique vers le futur ! L’incertitude, le risque sont accrus et il vaut mieux avoir un modèle économique déjà bien réglé, avoir fait ses preuves, car sinon la Pétoche, chère à Michel Audiard , reprend ses droits. Et cela implique de l’argent. Et pour avoir de l’argent, il faut avoir fait ses preuves… c’est le serpent qui se mord la queue !  

Plus c’est Crédible, Intelligible, Attractif (CIA), plus la startup a des chances de réussir sa levée de fonds. Pour lever des fonds sur un projet disruptif, autant se donner pour mission d’être CIA au carré ! 

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